La domotique, c'est ma vraie passion. Pas juste un intérêt passager — j'ai passé des centaines d'heures à câbler, configurer, automatiser et optimiser chaque pièce de mon appartement. Le résultat ? Un espace qui réagit à ma présence, à ma musique, à la lumière extérieure, et même à ce que j'ai sur mon écran. Voici le récap de tout ce que j'ai mis en place et comment ça fonctionne.

Ce que vous trouverez dans cet article : le serveur Home Assistant, les rubans LED WLED, l'Ambilight DIY avec Hyperion, les lumières Philips Hue, les volets Zigbee, le capteur de présence Aqara FP2, la synchronisation lumière / musique avec LedFX, les tags NFC, le réveil connecté à l'agenda, et le Netatmo. Et des automatisations concrètes que j'utilise tous les jours.

Le cerveau : Home Assistant sur serveur dédié

Tout repose sur Home Assistant, un logiciel open-source qui tourne 24h/24 sur une vieille tour reconvertie en serveur chez moi. Pas de cloud, pas d'abonnement, pas de dépendance à un fabricant qui peut fermer ses serveurs du jour au lendemain. Home Assistant tourne dans une VM dédiée, aux côtés d'autres conteneurs pour les différents services de la maison.

L'avantage de Home Assistant par rapport à une box propriétaire ou à l'appli Philips Hue seule ? Il parle tous les protocoles en même temps : Wi-Fi, Zigbee, Bluetooth, MQTT. Tous mes appareils de marques différentes se retrouvent dans une seule interface que j'ai construite moi-même.

Matériel serveur

Vieille tour reconvertie, toujours allumée. Home Assistant tourne dans une VM dédiée.

Protocoles utilisés

Zigbee (via dongle USB SkyConnect), Wi-Fi local, MQTT pour les appareils DIY.

Contrôle

App Home Assistant sur téléphone, tableau de bord sur tablette Samsung fixée au mur, Galaxy Watch.

Accès distant

Nabu Casa (cloud officiel HA) pour l'accès en dehors du réseau domestique. 6 €/mois.

Les lumières Philips Hue — ambiantes et automatiques

J'ai deux ampoules Philips Hue et deux Hue Play Bar derrière mon écran, toutes connectées via un Hue Bridge intégré à Home Assistant. L'intégration est native et bidirectionnelle : HA contrôle les Hue, et les interrupteurs Zigbee encastrés dans les murs remontent leur état dans HA pour déclencher d'autres automatisations.

Ce que je fais avec :

Les rubans LED WLED — la déco qui vit

J'ai trois zones de rubans LED qui tournent sous WLED, un firmware open-source pour contrôleurs ESP32. Chaque zone est indépendante, avec son propre contrôleur à une dizaine d'euros. WLED expose une API locale que Home Assistant interroge directement, sans aucun cloud intermédiaire.

Les possibilités de WLED sont impressionnantes : des centaines d'effets dynamiques, des palettes de couleurs, une synchronisation entre contrôleurs… et surtout, la réaction à la musique via LedFX — j'y reviens dans la section suivante.

Coût d'une zone WLED : contrôleur ESP32 (~6 €) + ruban LED adressable 5 m (~15 €) + alimentation 5V (~8 €). Soit environ 30 € par zone, contrôlée directement dans Home Assistant.

L'Ambilight — l'immersion derrière la TV et dans toute la pièce

C'est probablement la partie de mon installation qui impressionne le plus les visiteurs. Deux Philips Hue Play Bar sont collées derrière mon téléviseur, et l'ensemble des rubans LED WLED et ampoules de la pièce réagissent aussi aux couleurs de l'écran — pas juste derrière la TV, tout le salon change de couleur selon ce qui se passe à l'image.

Le setup technique : un Raspberry Pi Zero 2W fait tourner Hyperion. Pour capturer l'image HDMI, il faut un splitter HDMI (pour dupliquer le signal sans perte) et une carte de capture USB. C'est là que le budget monte — comptez plutôt 150 € pour tout le setup (Hue Play Bars, Rpi, splitter, carte de capture), pas 30 €. Hyperion calcule la couleur dominante de chaque bord de l'image, la transmet au bridge Hue qui synchronise les Play Bars, et envoie aussi les données aux rubans WLED via le réseau. Latence inférieure à 100 ms, imperceptible à l'œil.

En pratique : regarder un film dans le noir avec tout ça actif, c'est une expérience complètement différente. Les scènes de forêt remplissent tout le salon de vert, les explosions d'orange débordent sur les murs, les scènes sous-marines baignent la pièce en bleu. C'est le genre de chose qu'on ne peut plus enlever une fois qu'on y a goûté.

Automatisation : Mode Cinéma
1 Je tape sur le tableau de bord HA ou j'effleure le tag NFC dédié dans le salon.
2 Les lumières du salon descendent à 5 % en 2 secondes.
3 Hyperion s'active : les Hue Play Bars, les rubans WLED et les ampoules de la pièce passent en mode sync écran.
4 Les volets se ferment automatiquement si c'est le soir.
5 Un script surveille l'arrêt de la Fire TV pour remettre les lumières à leur état normal.

Les lumières qui réagissent à la musique — LedFX

Pour la synchronisation lumière/musique, j'utilise LedFX — pas de microphone physique vissé sur un contrôleur, rien de tout ça. LedFX tourne sur une machine dédiée, capture le son en temps réel et envoie les effets directement aux rubans WLED via le réseau local. Les graves font pulser les couleurs, les beats créent des flashs synchronisés — le résultat est nettement plus propre qu'un microphone bon marché.

LedFX est intégré à Home Assistant via SSH : depuis HA, je peux démarrer ou arrêter LedFX, et des routines le lancent automatiquement quand je passe en mode musique. J'ai aussi l'intégration Spotify dans HA, mais elle sert uniquement à détecter ce qui joue — pas à synchroniser les lumières directement.

Les tags NFC — la télécommande invisible

J'ai environ quatre tags NFC par pièce, collés à des endroits stratégiques. Un tag près du lit pour la routine dormir, un à l'entrée pour activer le mode absent, un sur le bureau pour passer en mode travail… Je pose mon téléphone dessus, et la scène se déclenche instantanément dans Home Assistant. Pas de vocal, pas d'appli à ouvrir.

C'est bête, mais c'est probablement ce que j'utilise le plus au quotidien. La friction zéro, c'est ça qui fait qu'une automatisation finit vraiment par s'utiliser.

Exemple — tag "Dormir" : j'effleure le tag près du lit. Tout s'éteint, les volets se ferment, le thermostat passe en mode nuit, et si je me lève dans la nuit, les LEDs s'allument automatiquement en rouge très doux grâce à l'Aqara FP2 qui détecte mon mouvement.

Le réveil connecté à mon agenda

C'est l'automatisation dont je suis le plus fier. Mon réveil ne sonne pas à une heure fixe — il vérifie mon agenda Google chaque soir, trouve le premier événement du lendemain, et se programme automatiquement 1h30 avant.

Routine du matin (entièrement automatique)
1 1h30 avant l'événement : les Philips Hue de la chambre montent doucement en blanc chaud.
2 15 minutes plus tard : les volets s'ouvrent à moitié pour laisser entrer la lumière naturelle.
3 À 1h15 avant l'événement : les volets s'ouvrent complètement.
4 La musique démarre automatiquement sur la JBL Authentics 500 via Spotify Connect.

En pratique, je ne touche plus jamais un réveil manuellement. J'ai un événement dans mon agenda, le reste se fait tout seul. C'est le genre d'automatisation qui semble anecdotique jusqu'au jour où tu as une réunion à 7h du matin et que tu te réveilles sereinement à 5h30 sans avoir pensé à rien.

Les volets connectés automatiques

Mes volets roulants électriques sont pilotés via des modules Zigbee connectés directement sur les moteurs existants. Pas besoin de changer les volets : on branche le module en remplacement du bouton mural, et c'est tout. Le module remonte l'état (ouvert / fermé / position en %) dans Home Assistant.

Les automatisations que j'utilise au quotidien :

L'Aqara FP2 — la présence vraiment intelligente

Les vieux capteurs de mouvement PIR, c'est bien pour détecter quelqu'un qui marche. Mais si tu t'assieds et que tu lis tranquillement pendant 5 minutes — la lumière s'éteint. C'est exactement le problème que règle l'Aqara FP2, que j'ai dans ma pièce principale.

Le FP2 utilise un radar millimétrique (mmWave) qui détecte une présence statique — même quelqu'un assis complètement immobile. Il peut aussi détecter plusieurs zones dans la même pièce et estimer la position des personnes. En pratique, ça change tout :

Le Netatmo — l'air que je respire

J'ai un capteur Netatmo dans ma pièce principale qui remonte en temps réel la température, l'humidité et le niveau de CO2 dans Home Assistant. Le CO2, c'est le truc que personne ne surveille mais qui explique pourquoi on se sent fatigué et peu concentré après quelques heures dans une pièce fermée.

Quand le CO2 dépasse un certain seuil, HA m'envoie une notification pour aérer. Simple, mais efficace.

Les interrupteurs, prises et petits détails qui changent tout

Au-delà des grosses pièces du système, c'est souvent les petits éléments qui rendent l'appartement vraiment confortable au quotidien :

Ce que ça donne au quotidien

Le soir, le mode cinéma ou musique se déclenche depuis un tag NFC ou le dashboard. En quittant l'appartement, la géolocalisation détecte mon départ et déclenche automatiquement le mode "absent" : tout s'éteint, les volets se ferment, le chauffage baisse, et la simulation de présence s'active.

Le vrai avantage de Home Assistant par rapport aux systèmes propriétaires ? Si demain Philips ferme ses serveurs, mes ampoules Hue continuent de fonctionner. Tout est local. Les automatisations ne dépendent d'aucune connexion internet.

Combien ça m'a coûté en tout ?

En construisant progressivement sur 2 ans, voici une estimation honnête du budget total :

Total : environ 1 200 € sur 2 ans, sans abonnement mensuel. C'est un investissement réel — mais une box domotique propriétaire avec les mêmes fonctionnalités dépasserait ce budget en abonnements seuls sur 3 ans, sans la moitié des possibilités.